dimanche 31 décembre 2017

"Seul le bleu reste", de Samaël Steiner et Judith Bordas


12X15 pages
88 pages
10 € port compris
ISBN 978-2-9543831-7-0

Pour commander le recueil auprès de l'association Le Citron Gare, contact : p.maltaverne@orange.fr

Si vous avez Adobe reader, vous pouvez également accéder au bon de commande dans sa version PDF (via le Cloud d'Orange), en cliquant ici.

Et pour faire connaissance avec l'écriture de Samaël, voici l'un de ses poèmes, pour la route !

"Nous essayerons de ne pas rester jeunes,
une fois pour toutes,
mais de vieillir au fil du temps
de ne pas garder, comme un dû,
nos mains blanches inconscientes
nos blanches inconsciences
mais d'entrer dans la matière
avec des mains désireuses de saisir
et d'apostropher.

Nous tâcherons de ne pas garder la peau intacte
et les yeux perçants
mais une peau creusée
comme une mémoire transparente
affichée sur nos toits, au-dessus de nos têtes."

Samaël Steiner (Valence, Drôme) partage son temps entre deux métiers, celui d'éclairagiste de théâtre et celui d'auteur. Loin d'être antagonistes, ces deux pratiques se nourrissent, l'une l'autre. Avancent ensemble.

Il participe à plusieurs projets poétiques et théâtraux avec pour préoccupations centrales, le lyrisme (un lyrisme qui entretienne avec le présent une relation concrète, qui ne soit jamais une fuite. Qui tienne compte de l'Histoire) et l'écriture collective. Les lunes sortent de l'eau, avec la cie l'octobre théâtral, en est un bon exemple.

Ses précédents recueils ont été publiés dans de nombreuses revues, en France et à l'étranger. Vie imaginaire de Maria Moline de Fuente Vaqueros, récit poétique, est paru aux éditions de l'Aigrette en mars dernier. Seul le bleu reste est son deuxième livre.

Judith Bordas est plasticienne ainsi qu'auteure pour le théâtre et la radio.

Auteure d'images imprimées (linogravures, eaux-fortes, monotypes) auteure de partitions pour corps et voix sur une scène ou à la radio, son travail de plasticienne est multiple.

Préliminaires sur les éditions

Un petit problème…


L’idée m’est venue de créer les Editions Le Citron Gare (ex Citron noir), qui n’en sont pas vraiment d’ailleurs, à la suite d’un constat crucial, résumé ci-après.

Certains poètes sont beaucoup édités par beaucoup d’éditeurs et pourtant, à lire leurs productions, j’ai souvent du mal à comprendre pourquoi ces œuvres là ont été retenues plutôt que d’autres, à moins qu’il ne s’agisse d’un effet de mode (faudrait que les éditeurs m’expliquent avec franchise le pourquoi du comment et ça c’est pas gagné).

Pire encore, il arrive que la lecture de ces textes choisis n’excite guère mon imagination, ce qui a pour effet de provoquer à plus ou moins long terme un irrépressible bâillement qui peut déboucher sur une crampe de la mâchoire pouvant aller même jusqu’à son décrochage.

Pourquoi ?

C’est difficile à exprimer. Cependant, il y a quelques constantes. Ces poésies sont toujours bien écrites, mais il s’agit en général d’écritures de rigueur budgétaire ou, si vous préférez, de régime sans sel, champêtres (alors que la population de ce pays vit majoritairement en ville), intimistes, voire abstraites et pour finir désincarnées.

Je lis également des recueils de bidouillages sémantiques très virtuoses et/ou très modernes qui peuvent s’avérer aussi inconsistants que les ci-devant recueils lyriques, et dans lesquels le vécu n’est pas davantage au centre du poème, le seul engagement de leurs auteurs étant au mieux d’ordre artistique (plus facile c’est certain de vouloir passer pour un professionnel de l’Euro que de changer le monde, à commencer par le sien).

Si, si, ça existe. la majorité des poèmes est comme ça. Sans doute, les symptômes de cette maladie mortelle que les adultes nomment maturité.

Bien sûr, il reste des exceptions, sauf qu’elles ne sont pas assez courantes à mon goût.

Par ailleurs, d’autres poètes, trop nombreux, que j’ai eu l’occasion de publier dans Traction-brabant et que publient aussi des revues tierces, ne sont pas édités, malgré des démarches entreprises, et finissent par être découragés, alors que parfois, leurs textes, qui sont tout aussi bien écrits que les précédents évoqués, me paraissent en revanche beaucoup plus forts.

Pourquoi ?

Ces poèmes racontent des histoires, parlent d’êtres humains, collent de plus près à la réalité de l’action ou de vies intérieures débridées, ils ne refusent pas la révolte, n’excluent pas l’humour, ce propre de l’homme, ou la dérision, et si le besoin s’en fait sentir, accueillent l’exubérance des images chère aux surréalistes.

Cela n’empêche… l’inégal partage des chances qui découle de la situation ci-dessus décrite, synonyme pour moi d’injustice, me pose problème, et surtout me semble injustifié, à moins que vous pensiez que mes goûts de lecteur relèvent de la perversion, ce qui ne serait pas sympathique pour les auteurs sélectionnés !


Une petite solution…


Voilà pourquoi je vais essayer de sortir de l’ombre totale ces perles rares, même si c’est à 100 exemplaires, avec peut-être la perspective derrière, voire le rêve ou l’illusion, de devenir un passeur pour des éditeurs plus professionnels que moi.

Dans le cas contraire, ces faux poètes en herbe auront été au moins une fois édités dans leur vie, si ce n’est avec professionnalisme, du moins avec passion.

Par conséquent, y a plus qu’à, sachant que cette activité, qui s’ajoute à plusieurs autres, peut s’arrêter du jour au lendemain.

Alors, un point essentiel : je dispose déjà d’une longue liste d’auteurs à publier, étant devenu, malgré moi, un chasseur de textes depuis que j’anime « Traction-brabant » (depuis 2004) : cette liste est dans ma tête et je ne vous la communiquerai pas.
Ainsi, je n'édite que les auteurs que je contacte...

Mon boulot consiste donc à barrer des noms une fois que l’édition est terminée, mais sachez le, au rythme de deux publications par an et pas davantage, on n’est pas rendus !

Tant pis, bien que l’escargot soit par nature très lent, il glisse. Et j’aime à espérer qu’il n’oubliera jamais ses alliés, les emportant sous sa coquille.

Pour finir et à toutes fins inutiles après ces explications, voici quelques règles simples mais efficaces :

1) les auteurs qui m’envoient spontanément des fichiers textes de 1 à un nombre infini de pages par mail ou par la poste pour édition, direction la corbeille en 10 secondes ;

2) les auteurs qui m’envoient spontanément des fichiers textes de 1 à un nombre infini de pages par mail ou par la poste pour savoir si c’est bien écrit (avant d’aller voir ailleurs où ça gagne plus), direction la corbeille en 5 secondes ;

3) plus généralement et cela va sans dire, mais sait-on jamais, les auteurs qui ne font pas l’effort de lire un recueil du Citron Gare (idem pour Traction-brabant) et d’en défendre l’esprit, montrant un intérêt exclusivement personnel à vouloir être édités : direction la corbeille en 2 secondes ;

4) pas deux fois le même auteur publié ici; 

5) possibilité d’éditer des recueils écrits à deux mains : la vôtre et la mienne (vous êtes bien embêtés là hein !) ;

6) possibilité de placer les œuvres d’un illustrateur;

7) seul chemin praticable : http://www.traction-brabant.blogspot.com/, c’est à dire par la revue poézine Traction-brabant de l'association Le Citron Gare, en m'adressant un message me prouvant que vous êtes un être humain (sinon, poubelle  : je ne suis pas votre clébard, bien sûr !), comme vous le faites malgré tout le plus souvent depuis plusieurs années, message accompagné d'un nombre maximum de 10 pages de poèmes en format A4, possible ticket pour Traction-brabant, sans aucune promesse pour un au-delà de la complicité, sauf que rien n’est impossible, à partir du moment où vous ne me demandez rien :

c’est ce que l’avenir nous dira.

 


En guise de post-scriptum, quelques recommandations aux auteurs intéressés par une publication:


C’est pas compliqué. Ne dérangez pas plus d’une fois les éditeurs qui ne répondent pas à vos envois, publient tout le temps les mêmes personnes (surtout pas vous), et donc vous prennent pour des billes. Laissez les tourner dans leur coin coin. Puis créez vos propres revues, éditions, avec l’aide d’Internet.

Lancez-vous donc ! Autoéditez-vous mais pas uniquement. Montrez-vous capables de vous intéresser à d’autres écritures que la vôtre, faites votre marché : il en restera toujours quelque chose.

Et n’essayez pas de vivre que de la poésie. Elle mérite beaucoup mieux que ça.


Patrice Maltaverne

samedi 31 décembre 2016

"Dévore l'attente", de Laurent Bouisset et Anabel Serna Montoya


12 X 15 cms
86 pages
10 € port compris
ISBN 978-9543831-6-3

Pour commander le recueil auprès de l'association Le Citron Gare, contact : p.maltaverne@orange.fr

Si vous avez Adobe Reader, vous pouvez également accéder au bon de commande dans sa version PDF (via le Cloud d'Orange), en cliquant ici.

Et pour faire connaissance avec l'écriture de Laurent, voici un de ses poèmes, en guise d'apéritif (moment idéal pour goûter aussi à la poésie):

"L’œuf intact

Adolescents
Nous étions jetés par l'été
Comme électrons

Nous étions appelés
A présumer de nos puissances

Et contenant le monde en face
Dans les rets d'un regard moqueur

Nous sentions prêts à
Piétiner la pauvre vie
Comme un seul œuf

Accroupis face à l’œuf intact
A l'âge mûr

Nous rêvons sidérés l'éclat
D'un hiver lent

Marseille, juin 2014"

2004-2015, onze ans d'écriture, dix villes... ce premier recueil de Laurent Bouisset aime foutre le camp ! Chercheur d'or, pas vraiment... chercheur de doutes surtout ! Les vers au port rêvent de tempête. Les pages au fond de la jungle se déchirent. Au Mexique, nous voilà ! En Guyane, au Guatemala ou en Bosnie ! Le lecteur se retrouve en short, à faire la passe aux tigres, sur un playground bouillonnant de banlieue. Dévore l'attente... Dévore-la vite, avant qu'elle se régale de toi ! Dévore-la foutrement comme un jaguar ou même... une poule ! Mais d'ailleurs, oui, c'est vrai... l'attente de quoi ? Les réponse hasardées sont pas d'accord... et c'est très bien ! Au fil des rues, des peaux, des visages rencontrés... un funk brut ! Un Coltrane tournoyant oppose à l'ennui des images ! Folie de signes et sons jetés très vifs. Semis de douceur et coups de pied. Le livre entier s'unit pour le rappeler – le hurler même ! voire le rapper ! – à quel point le cancer le pire a pour nom : la torpeur.

Né à Lyon en 1981, Laurent Bouisset est actuellement professeur de français dans les quartiers-nord de Marseille. Avant cela, il a beaucoup joué au basket (surtout comme meneur, mais parfois comme ailier) et fait partie de groupes de rock expérimental (en tant que guitariste-chanteur) à la fin des années quatre-vingt-dix, dont Kaliavev et La Lancha. Il a également étudié l’œuvre d'Antoine Volodine à l'université – tout en rêvant de foutre le camp de ladite université – et parcouru d'assez nombreux pays (lointains) en écrivant. Plusieurs de ses textes et poèmes sont parus dans les revues papier et en ligne suivantes : Sanguine (n°1), Chaoid (n°10), Sic (n°6/8/16), Pyro (n°24), Le Capital des mots, Poésiemuziketc., Poème sale, Impératif présent, Recours au poème, Vermifuge (n°8), Le Cornélisme international (fanzine bilingue franco-péruvien), Fureur et mystère (n°5), Incertain regard (n°10), Verso (n°149/152/155/162), Traction-brabant (n°53/55/57/60/62), Décharge (n°163 et à venir : 168), Délit de poésie, Nouveaux délits (n°52). Co-fondateur, en compagnie du peintre guatémaltèque Erick González, du blog de création collective Fuego del fuego (www.fuegodelfuego.blogspot.com), où sont publiées ses réécritures et traductions de poètes latino-américains, il lit régulièrement ses textes sur les ondes de Radio Galère, à Marseille (dans l'émission DATAPLEX, RESISTANCES MUSICALES), et travaille à leur mise en musique (et en voix) en compagnie du musicien-photographe Fabien de Chavanes (https://soundcloud.com/ecriture-pentue/). « Enfin nu le silence », son deuxième « long » poème (après « Java » dans Chaoid n°10) est paru dans l'anthologie Triages 2014 des éditions Tarabuste, en juin 2014.


Anabel Serna Montoya est née à Aguascalientes au Mexique en 1974. Elle ne saurait choisir entre la photographie et la peinture, se méfie des définitions comme des paniers à crabes et préfère laisser aller son inspiration là où l'appellent l'émotion et l'instant. S'il devait y avoir un fil conducteur entre tous ses travaux (allant de la photographie argentique au numérique, en passant par le sténopé ou la gravure, sans parler de la couture qu'elle utilise à même la toile, de la peinture à l'huile traditionnelle qu'elle aime autant que l'encre de Chine sur papier glacé, etc.), ce serait celui de l'être vivant saisi à vif, dans sa fragilité et sa puissance, où qu'il lui soit donné d'errer : dans la pénombre d'un HP ou d'une prison, l'obscurité d'une rue bondée l'ignorant, les ruines amères d'un site maya, bien pire encore : entre les serres d'un passé impossible à calmer et griffant. Plusieurs prix lui ont été décernés pour ses œuvres au Mexique, où elle a été invitée à présenter ses œuvres dans plusieurs musées d'art contemporain. En Europe, elle a successivement exposé à Madrid, à Barcelone, à Marseille également. Le lien entre ses œuvres et les poèmes de Dévorer l'attente s'est tissé sans traduire ou recourir à des explications savantes ; il est vrai que ces deux artistes se connaissent tant, s'influencent si intensément depuis plusieurs années, que le besoin de recourir aux mots s'espace entre eux, au profit des magies de l'intuition.

"Trash fragilité" de Murielle Compère-Demarcy et Didier Mélique


10 X 15 cms
94 pages
10 € port compris
ISBN 978-2-9543831-5-6

Pour commander le recueil auprès de l'association Le Citron Gare, contact : p.maltaverne@orange.fr

Si vous avez Adobe Reader, vous pouvez également accéder au bon de commande dans sa version PDF (via le Cloud d'Orange), en cliquant ici.

Et pour faire connaissance avec l'écriture de Murielle, voici un de ses poèmes, en guise d'apéritif :

"Dans les artères de la nuit coule /
le sang des drames du silence
& mon sang coule
Dans ces rus sous l'épiderme
à vif / des ruelles
jusqu'à l'absence du poème où
mon cerveau phosphore & source
roule /
délesté du bruit grégaire
des foules -
matadors

Défait de ces caillots de tourbière
où la lumière /explose
obstrué par un soleil sali
par tant de haines /
guerrières"

Murielle Compère-Demarcy

Est tombée dans la poésie addictive (ou l'addiction de la poésie), accidentellement. Ne tente plus d'en sortir, depuis.
Est tombée dans l'envie sérieuse de publier, seulement à partir de 2014.
A publié, de là jusqu'ici : Je marche--- poème marché/compté à lire à voix haute et dédié à Jacques Darras, éd. Encres Vives, avril 2014 ; L'Eau-Vive des falaises, éd. Encres Vives, août 2014 ; Coupure d'électricité, éd. du Port d'Attache, février 2015 ; La Falaise effritée du Dire, éd. Du Petit Véhicule, Cahier d'art et de littératures n°78 Chiendents, avril 2015 ; Trash fragilité (faux soleils & drones d'existence), éd. du Citron Gare, juin 2015 ; Un cri dans le ciel, éd. La Porte, août 2015 ; Je Tu mon AlterEgoïste, éd. L'Harmattan, février 2016.
S’attelle encore. À écrire une vie, ratée de peu, ou réussie à la marge.

Son blog,
« Arrêt sur poèmes », est ici : http://www.poeviecriture.over-blog.com/


Et en ce qui concerne l'illustrateur de "Trash fragilité", Didier Mélique : "En tant qu'auteur je travaille depuis plus d'un an avec Didier Mélique, illustrateur pour la première de couverture de mes recueils : L'Eau-Vive des falaises et Je marche--- poème marché-compté à lire à voix haute et dédié à Jacques Darras, parus aux éditions Encres Vives en avril et août 2014, ainsi que du recueil de nouvelles La F--- du Logis paru en août 2014 et de Coupure d'électricité, long poème solo publié en mars 2015 par les éditions du Port d'Attache.

Ma collaboration avec Didier Mélique s'est étendue puisqu'il illustrait de ses créations artistiques le Cahier d'arts et de littératures Chiendents n°78 paru aux éditions du Petit Véhicule et intitulé La Falaise effritée du Dire, jusqu'à ce Trash fragilité (faux soleils & drones d'existence) paru aux éditions du Citron Gare en juin 2015, dans lequel un bel et réel échange enfin permet à mes textes et aux créations de Didier de s'interpeler / de (se) correspondre / de se compléter sans que l'existence propre et autonome de chaque univers soit entamé -dans un concert(o) de résonances dont on pourra imaginer d'autres ouvertures dans l'espace créatif (ajout d'une mise en voix, d'un accompagnement musical, d'une scénographie, par exemple...)" (Murielle Compère-Demarcy).

Prix Copo 2015



Jeudi 4 juin 2015 à Rouen , le prix Copo 2015 a été décerné au recueil de Marlène Tissot édité par le Citron Gare et intitulé "Sous les fleurs de la tapisserie".

L'occasion de vous signaler que pour la circonstance, "Sous les fleurs de la tapisserie" vient de faire l'objet d'un retirage, avec son tout nouveau bandeau Copo !

J'en profite également pour préciser que "Juste après la pluie" de Thomas Vinau a obtenu le prix Copo des lycéens.

Pour plus d'informations (et notamment sur la prochaine édition), rendez-vous sur le site du Copo  : http://www.lecopo.fr/

"Dans la barque amarrée", de Pierre Bastide


12 X 15 cms
94 pages
10 € port compris
ISBN 978-2-9543831-4-9

Pour commander le recueil auprès de l'association Le Citron Gare, contact : p.maltaverne@orange.fr

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Et pour débuter la visite, un poème extrait de "Dans la barque amarrée" :

"Houlà !

La littérature commence là
où l'on n'appelle pas un chat un chat
Sortie de route ou de routine
c'est là que ça commence
quand la roue tourne à l'ange
elle traîne des casseroles
irrécupérables des culs irréparables
n'empêche que si tu descends
de ta langue maternelle
tu n'embrasses pas
ton grand-père en descendant
ton petit-fils non plus
tu caresses un rêve
une petite fille rencontrée en chemin
la littérature est pédophile si ça se trouve
un tigre peut aimer un ange
anorexique ou poète c'est fou ce que
la faim de l'âme est féroce parfois
mais on peut aimer l'esprit vif
autant que la chair fraîche
qui veut avoir de la gueule
touche le fond tu verras
tout ce qui est en bas est bon à dire
même si ça ne porte pas jupon
à bon sous entendeur ça se lit
même si ça tache un maximum
de blanche vierge au passage
je parle de la page évidemment
la littérature commence là
où tu mets tes sales pattes
de méchant loup là où
je ne veux pas dire ça du tout
à bon lecteur salut."


Pierre Bastide est né à Oran en 1948. Français d'Algérie (comme indien d'Amérique : Pitre de Braise, tribu des Blackfeet). Prof de Lettres, option théâtre, à Nevers (ça se situe entre les Tambours du Bronx et Hiroshima mon amour). Barque amarrée dans la Réserve dite du Manège du Cochon seul où il exerce les fonctions de grand chef-petit garçon. Bricole dans la photo, le théâtre, les arts plastiques, les lectures (haute et petite Voix) et les ateliers (peut-on parler de "résistance d'écriture"?). Ecritures variées. Work in progress.
Prétexte que ses Nuits (mille et une ?) ne sont pas finies pour en retarder la publication.

a publié :
Lithogrammes, Albatroz/Manège du Cochon Seul, 1995
Le Radeau de la démerde, Albatroz, 2001
Jessie soit-elle, Nykta, 2003
A quoi on joue, Manège du Cochon Seul, 2004

"Le chasseur immobile" de Fabrice Farre et Sophie Brassart


12 x 15 cms
68 pages
10 € port compris
ISBN 978-2-9543831-3-2

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Et pour commencer, un poème extrait de "Le chasseur immobile" :

"Cible

L'oiseau sauvage nous épiait, nous
qui étions deux à reconsidérer
inertes, le chemin parcouru dans la chair.
Les villes intérieures, les bagages ficelés,
le manque de mouvement, simplement
l'idéale stupeur d'aller en reconnaissance
au fond, au tréfonds, sans qu'il fût
question d 'agonie, de perte ou de noirceur
inutile.
Je procédai aux derniers préparatifs sous
l’œil fixe de l'oiseau noir
qui vole et qui fixe, conscience exilée
toujours égale à ce que nous projetions d'être".


Fabrice Farre est né en 1966. Il termine sa thèse en littérature puis quitte définitivement l'Université. Il continue à travailler et passe, en bref, du statut de manutentionnaire, à dix-huit ans, à celui de fonctionnaire. Après de nombreuses années passées à écrire et surtout à désapprendre, il publie quelques titres et paraît dans de nombreuses revues, en France comme à l'étranger. Son blog : Poésie contemporaine...peut-être, http://biendesmotsencore.blogspot.fr/

Sophie Brassart est plasticienne et travaille le geste poétique à l'encre. Ses travaux sont visibles sur son blog Toile poétique http://graindeble.blogspot.fr ainsi que dans plusieurs revues de poésie contemporaine. A illustré récemment le recueil de Vincent Motard-Avargues, Recul du trait de côte (Ed. de la Crypte).